lundi 26 janvier 2015

26-30 janvier 2015 : Phonsavan, region minee

Le but est ici de faire une pause « electrique et internet » de deux nuits afin de reprendre mes ecrits des cet apres midi dans un bar. C’est ici que je rencontre assez vite Alex et Clemence, un couple francais qui debarquent tout juste en ville. Déjà nous discutons de nos itineraires de voyage mutuels. Lui informaticien et elle teinturiere dans la haute couture, sont en Asie pour 7 mois et peuvent déjà me donner de bon plans en Thailande et au Cambodge.

Nous nous recroisons dans la soiree et ils me proposent une biere et un diner qui ne se refuse pas. Nous papotons alors tout du long, jusqu’au debat politique et nos ressentis quand a l’attentat de Charlie Ebdo. La soiree et alors delicieuse, comme si nous nous connaissions depuis toujours, et nous en venons a prevoir une petite visite des alentours a moto pour le lendemain.

27 janvier, 9h du matin, la moto est loue pour mes compagnons. Nous partons a la recherche d’une cascade a 30km de Phonsavan, pres de Ban Thachuk et qui, d’apres les infos du patron de mon auberge, n’est pas facile a trouver mais vaut vraiment le detour.

Mais alors que nous quittons la portion de route, nous ne parvenons pas a trouver la bonne piste en terre batue si bien que nous arrivons en fond de vallee dans un village pour le moins authentique et ou nous recoltons quelques informations a contre sens. En remontant, la moto louee d’Alex et Clemence se montre tres capricieuse, deraille et devient problematique ne serait ce que pour le retour a Phonsavan. Et finalement heureusement puisqu’ils decouvrent, sur la route d’un garage, un panneau que nous n’avions pas remarque a l’alle. Nous voila reparti sur une nouvelle piste. Mais une fois de plus nous loupons le sentier en faisant un nouveau petit detour.

Apres 4 ou 5h de recherche, parfois meme a l’oreille, nous nous retrouvons face a la plus belle cascade que nous ayons vu, accentuee par son isolement en foret. Un site digne de reportage TV et semble meme artificiel avec un gout de Central Parc ou autre. Mais comme site dans l’intitule, la region a été tellement bombardee et minee pendant 9 ans par les americains que nous ne nous ecartons pas des sentiers et en prenant garde malgre tout de la ou nous posons les pieds. Il y a des pays ou on regarde le sol en guettant les crottes de chien, ici ce sont les mines… Imaginez donc les paysants jouer a la roulette russe toute leur vie pour chaque pas qu’ils font, limitant de ce fait l’exploitation agricole.

A present, il se fait tard. Juste le temps de sortir les bieres que j’avais garde en surprise et nous devons nous mettre sur la route du retour, malgre tout ravi de notre decouverte. Si bien que nous decidons de revenir demain avec un pic nique.

Notre soiree se deroule ensuite dans un bar resto alors qu’une fois de plus, je crains de prendre encore du retard sur ce blog. Mais c’est ainsi, je prefere les chouettes rencontres et experiences plutôt que de rester assis a taper devant mon ecran. Meme si ca en fait d’avantage a raconter du coup. Que la vie de voyageur est difficile…

Le lendemain matin je commence par aller visiter le UXO (UneXployed Ordnance) Survivor Center puis le MAG (Mine Action Group) qui permettent a eux deux de se rendre compte de la gravite de la situation ici. Voici quelques donnees indicatives (sources : http://www.nra.gov.la) :
  • -          Le Laos est le pays au monde ayant été le plus bombarde.
  • -          270 million de bombes larguees lors de 580.000 missions soit une mission chaque 8 minutes pendant 9 ans (1964 – 1973).
  • -          30% des bombes ont failli et 25% des villages Laotiens  en sont toujours contamines, ayant fait 20.000 victimes depuis la fin du conflit.
  • -          Sur les 50.000 victimes touchees entre 1964 et 2008, 60% sont mort, 23% etaient des enfants.

Je me rend alors compte de la chance que j’ai eu de pouvoir courir sans risque a travers champs et forets etant petit. Jamais je n’aurais pu imaginer un tel danger aussi vicieux et auxquels les enfants sont totalement exposes. Me rendre utile dans ce projet de deminage, meme sans etre en contact direct avec les explosifs (en ayant qu’un role administratif par exemple) serait alors un honneur et me responsabiliserait en tant qu’etre humain. Je fais ici reference a la responsabilite dont J-P Sartre illustre parfaitement : « Je porte la responsabilite de choix qui en m’engageants, engagent aussi l’humanite entiere ». Peu importe que ce soit pour deminer un pays, aider un aveugle a traverser une rue, ou simplement de parcourir 20m de plus en ville pour aller jeter un détritus a la poubelle. Rendons-nous a l’evidence, nous ne serons jamais parfait (je pollue moi-même en circulant a moto) mais un petit pas en avant vaut mieux que de rester stationnaire. Alors ayant toute conscience des risques potentiels, je propose a la fin de la visite mes services volontaires a un membre du MAG. Mais, a premiere vue, il semble ne pas y avoir de place pour de la main d’œuvre inexperimentee. Il faut dire que j’en suis reste aux pétards dans les bouses de vaches…

Je retrouve ensuite mon gentil couple alors qu’ils ne sont toujours pas munis d’une vraie Honda Wave dont ils me ventent toujours les merites. C’est vrai qu’on la retrouve partout, a la fois sur route que sur les pires chemins escarpes de montagne.

Nous rejoignons donc la cascade, cette fois ci sans difficultes et ne tardons pas pour nous mettre a l’eau et decouvrir ses vasques amonts. Quel cadre incroyable ! Une seance photo est inevitable et j’en profite meme pour construire un moulin a eau uniquement a base de bambou et qui tiendra jusqu'à la prochaine pluie.

Une fois encore la fausse Honda Wave pose de serieux problemes et le retour doit se faire doucement. Mais Alex et Clemence ne se decouragent toujours pas puisque, le 29 janvier nous partons cette fois ci vers l’ancienne capitale (actuellement Muang Khun) dont il ne faut en fait pas s’attendre a un beau site archeologique mais principalement a une grande et tres ancienne stupa couverte de vegetation.

La region de Phonsavan etant reputee pour ses sites de jars mysterieuses, nous nous y rendons a mi route sur le retour et finalement, cela vaut quand meme le detour, aussi pour le panorama qu’on y trouve (Site 2) sur ce qui semble etre un grand plateau de montagnes assez arides. Aussi, des signalisations mettent en garde. Le site n’a été netoye d’explosifs qu’en parti et il ne faut donc pas sortir des sentiers balises par le MAG, chose plutôt cocasse sur un site touristique. Le comble reste sans doute le terrain de petanque entre le guichet et le restaurant. Une boule perdue pourrait s’averer etre une mine antipersonnel. Quoiqu’il en soit, nous nous ne pouvons passer devant ce terrain quasi homologue sans faire une partie. Ma premiere petanque depuis 6 mois ! Mon cœur en palpiterait presque de bonheur si Alex et Clemence ne me mettaient  pas un joli  13 – 3 dans les dents.

Le soir meme, mes amis partent en bus pour Ventiane, la capitale du Laos, tandis que je dois toujours garder une journee off pour ecrire. De retour dans mon cabanon, je retrouve cette baisse de morale qui m’atteint de temps en temps, j’aime plus que tout mon independance mais les rencontres qui en vallent le coup sur la route reste un luxe. Il me faut alors reprendre mes esprits compte tenu de la chance que j’ai d’etre ici et la, a l’autre bout du Monde et qu’il est de mon devoir de le savourer purement, comme un hommage a mes reves d’adolescent. Et puis, ces moments ont en realite tout de naturel je pense. Qui pourrait garder un moral enthousiaste tout le long d’un tel voyage ? Une nuit de sommeil me remettra dans la bonne voie.

Le 30 janvier, mon but est simplement d’ecrire ma route de Sapa jusqu’ici, ce que je reussi mais une nouvelle problematique me vient. Le niveau de vie au Laos est plus eleve que lors de mes 3 derniers mois au Vietnam et si cela continue, je ne pourrais me permettre d’autres crapahutages a la fin de ma boucle prevue mi juin, pourvu juste que je puisse revenir enseigner a Sapa. Mon projet d’aller travailler via Working Holiday en Nouvelle-Zelande pour 1 an m’excite toujours autant, mais je dois avouer que la vie au Vietnam, et globalement en Asie du Sud-Est (comme je peux l’imaginer pour l’instant), me plait beaucoup. Je verrai petit a petit, mais je dois continuer de dormir dehors le plus souvent possible. Apres tout, je reste dans mes estimatifs initiaux quant au temps passe a vivre sur mes economies, meme si j’ai eu l’occasion de renflouer legerement mes caisses au Vietnam via un travail d’assistant dans une ecole privee de Lao Cai, a 40 km de Sapa.

Pour aujourd’hui une nuit a quelques kilometres a l’ecart de Phonsavan sera suffisant. Je souhaiterais en effet passer mon anniversaire a Luang Prabang le 6 fevrier, donc je ne dois pas avancer trop vite afin d’y limiter mes nuits en auberge sachant que le trajet pourrait se faire tranquillement en une journee et demi.

Je reprends donc la route en fin de journee et choisi de dormir dans une maison abandonne a 50m de la route principale. A premiere vue, elle a tout de glauque avec ses tags, son reste de pneu brule et ses bouses de vaches, mais au moins je suis a l’abri, je n’ai pas a mettre en place ma bache servant de tente et personne n’y viendra, justement par son cote inhospitalier. En fait, apres un coup de menage, je n’y suis pas si mal et j’y regarde meme le vieux film « A bout de souffle » avec Jean-Claude Belmondo.

vendredi 23 janvier 2015

23-26 Janvier 2015 : Premiers pas au Laos


Tranquillement installe, je passe ma journee du 23 en recuperation de ces 3 derniers jours de route intensifs. La moto, elle aussi en a besoin. Je peux alors prendre a nouveau le temps de penser, tout simplement et dans un cadre relaxant. Mes cheveux devenant longs, j’en profite aussi pour me faire un bandeau avec des chutes de tissus recuperees a l’atelier d’artisanat de l’organisme pour lequel je travaillais a Sapa.

Plusieurs pecheurs se succedent aussi le long de la riviere que ce soit au filet circulaire qu’ils lancent majestueusement, au fusil harpon artisanal ou, pour les femmes et les enfants, avec un filet  plongeant dans un cadre en bois qu’ils utilisent en grattant le sol. Toujours en remontant le courant, ils m’observent curieux, alors pour m’identifier comme un gentil, je les salue par un « Sabaidii ! », qu’ils me renvoient alors avec le meme sourire.

Le soir, un homme vient s’installer gentiellement autour du feu et ne cesse de me parler en Laotien. Je lui fais savoir de temps en temps que je ne comprends pas, sans que ca ne le decourage a chaque fois. Plus tard, et bien sur sans transition comprehensible, il me fait un signe de l’index passant entre le pouce et l’index de l’autre main, signifiant pour moi le coit. Je me percoit alors qu’il veut parler d’autre chose et fait mine de ne pas comprendre, malgre tout perplexe entre amuse et inquiet. Puis ce curieux monsieur s’en va et reviens 15 minutes plus tard alors qu’au meme moment, 3 jeunes femmes remontent le courant en pechant a la frontale. Ce qui devait arriver arriva alors. Il me montre alors les femmes en faisant a nouveau son geste. Oh non ! La ca devient vraiment farfelu ! Non merci mon vieux, lui fais-je comprendre en souriant.

Le 24 janvier, je reprends la route tranquillement vers Xamnua que je passe en debut d’apres midi. Les villages traverses sont tous remarquables par leurs maisons en bois et construites sur pilotis. De temps en temps se trouvent dessous des metiers a tisse sur lesquels des femmes s’y emploi energiquement.

Je remarque qu’ici les hommes mais surtout les femmes portent de temps en temps des shorts ou des robes laissant apparaitre les jambes alors que cela est tres peu rependu au Vietnam et peut meme etre percu comme de l’indecence. Ici donc, les femmes portent frequemment une sorte de long tailleur droit et orne d’une frise brode ou d’une bande de couleur differente dans la partie basse. Cela fait aussi parti de l’uniforme des ecolieres, noir avec une large bande blanche.

Cette region du Laos, decrite par les habitants comme « Une journee d’un million de virages », n’est pas un legende. En une journee, le nombre de portions de route droite superieure a 50m est quasi nul. Mais j’avance bien malgre tout, ne cherchant desormais plus la vitesse mais de m’absorber de l’environnement. 

Si bien qu’a 15h30 je trouve une petite vallee qui m’inspire pour mon prochain bivouac. Il est tres tot mais le temps d’installer le campement et de preparer le feu, les cimes auront peut etre déjà englouti le soleil. C’est un veritable effort pour moi de prendre mon temps sur la route. J’ai tres souvent eu des delais serres en autostop m’obligeant a etre actif tout le jour durant, voir d’avantage. Mais si je garde le meme rythme, j’arriverai en Thailande dans une semaine.

Pour ce qui est du paysage, il se resume a une infinite de montagnes moyennes et couvertes d’une dense vegetation et de forets, similaires au Vietnam meme si le climat est déjà beaucoup plus aride. Et pour mon plus grand plaisir, la route serpente de vallees en cols, et de cols en arretes. Notons qu’ici, comme sur les altitudes moderees du Vietnam, les rizieres se trouvent uniquement en fond de vallees et sur de biens plus grands terrasses. En opposition, les rizieres de la region de Sapa ainsi que probablement le Nord-Est du Vietnam, sont sculptees a flanc de montagne en plus des vallees. Celles-ci etant parfois etroites j’imagine que les cultivateurs (en fait, quasi toutes les familles), n’ont pas le choix d’empieter sur le relief pour produire assez de riz. Il faut aussi savoir que, selon le climat des regions, les rizieres sont reutilises apres la recoltes (Septembre) pour d’autres cereales ou legumes. Incroyable tout ce qu’il y a dire sur la culture du riz ! Savez-vous qu’il y a meme 5 facons de dire « riz » en vietnamien simplement en fonction de son etat (grains de riz, non decortique, decortique, gluant et cuit).

Mais revenons a nos moutons. Grace aux rizieres assechees a quelques metres de mon bivouac, je recupere la paille pour m’en faire un matelat, donnant un air de luxe a ma nuit approchante. Parallelement a l’allumage du feu, je commence la preparation du repas avec des nouilles authentiques, 2 œufs et un oignon, si bien que ma gamelle n’est pas assez grande. Voila une bien belle portion comme je les aime et couronne d’un ciel etoile majestueux, rien a voir avec celui de nos pays polues de lumieres artificielles.













Au petit matin de ce 25 janvier, le brouillard s’est installe et je dois remballer mes affaires meme si en partie humides. Pourtant, en reprenant de l’altitude quelques kilometres plus loin, je sors de cette masse froide et me retrouve de nouveau sous une tempete de bleu.

Au niveau de Nam Noen, je profite d’une pause dans un garage pour re-ajuster la tension de la chaine, et finalement reparer mon compteur.

Plus tard encore, je m’arrete dans un petit village pour en faire le tour. Les habitants surpris de me voir ici, continuent globalement de me saluer avec le sourire.















En redescendant du massif montagneux a Ban Chonthong, je me retrouve devant une immense plaine, tel un lac borde de montagnes. Je dois alors traverser cette zone avant de rejoindre le massif d’en face. J’y fais d’abord une pause biere dans un bar local en plein air avant de chercher encore un coin ou passer la nuit. C’est finalement dans un refuge pour « voyageurs » que je m’installe. Je m’asiatise de plus en plus surtout qu’il me reste des nouilles pour le menu !


 











C’est alors le 26 janvier que j’arrive sans me rendre compte a Phonsavan vers 10h du matin. J’estimais en effet avoir a rouler d’avantage mais par chance, le nom d’auberges et restaurants prealablement reperes dans le Lonely Planet, m’ont interpelle.

Je peux alors m’installer dans une auberge familiale (que je recommande : Kong Keo) ou je commence par prendre une bonne douche avant de m’appreter a visiter la ville et la region.

lundi 19 janvier 2015

19-22 janvier 2015 : Good Bye Vietnam


Bien, les amis, voila perpette que je manque a mes devoirs. Mes derniers ecrits datent de la fin du sejour en Russie, autrement dit, il y a 5 mois.

Pendant ce temps, j’ai découvert les steppes Mongoles (1 mois), change ma vision de la Chine (1 mois), et donne de ma personne en tant que volontaire au Vietnam pour, entre autre, enseigner l’anglais a 35 merveilleux adolescents issues de minorites ethniques (3 mois). Je ferais de mon mieux pour rattraper ce retard avec tous les details necessaires mais pour l’instant, laissez moi vous faire part de ma nouvelle aventure de nomade sur la route…

Il y a 2 mois, mes parents m’ont donne rendez-vous a Bangkok (Thailande) pour fin mars et ayant investi dans une moto a mon arrivee au Vietnam, je ne pouvais imaginer y aller sans, me permettant de visiter en route le Laos, la Thailande et le Cambodge avant de revenir normalement a Sapa pour retrouver mes enfants, dont une des dernieres paroles a été « Don’t forget me ».

C’est ainsi que le lundi 19 janvier au matin, je salue mes etudiants qui me couvrent un poigne de bracelets avant qu’ils se mettent en route pour l’ecole vietnamienne. Ayant vu le depart d’autres volontaires, je pensais que ce serais un dechirement sentimental, mais non. Ma volonte de revoir ces enfants dont j’ai paradoxalement tout a apprendre, est bien trop grande pour faire des adieux. Mais alors qu’ils me demandent quand je revendrais, je prefere repondre que je ne sais pas ; favorisant le doute a l’attente.

Il est maintenant temps de charger toutes mes affaires sur la moto qui ressemble alors non sans m’en deplaire, plus a un poids lourd qu’autre chose. Etre routier n’est pas qu’une profession mais c’est aussi un art de vivre. L’objectif est alors de passer la frontiere Laotienne a Dien Bien Phu en compagnie de deux motards gallois, David et Ryan, rencontres la veille lors d’un check-up a mon garage et se rendant aussi a Luang Prabang, au Laos.

Il est 8h du matin et j’ai du mal a imaginer que je quitte mon dernier nouveau lieu de residence et son atmosphere montagneuse que j’ai eu le temps d’explorer. Au revoir Mont Fansipan, toi qui domine le Vietnam et que j’ai eu l’occasion de grimper quasi illegalement, puisque en solitaire, m’offrant mon plus beau mais aussi mon plus difficile trek de 3 jours. Au revoir rizieres a flanc de montagnes inspirant un profond respect en leurs batisseurs et cultivateurs en plus de la magie qu’elles degagent. Au revoir chers volontaires et notre manager qui devinrent rapidement une famille sur qui compter.

Je lance le moteur, c’est parti.













Le temps n’est finalement pas en notre faveur, le manteau nuageux typique de Sapa est bien present et c’est sous de multiples couches de vetements  et passe-pluie que je me lance en tete de pelotons. Notons qu’une semaine plus tot, la neige tombait 500m plus haut.

A peine 10 km de routes sinueuses plus loin, les premiers problemes mecaniques subviennent pour David. Sa poigne d’acceleration semble capricieuse et il doit la demonter pour la reparer. Leur motos ne sont clairement pas du meme etat que la mienne alors j’espere que ca ne perdura pas. En effet, mon visa vietnamien expire ce 21 janvier et ayant eu des echos negatifs quant au franchissement de la frontiere de Dien Bien Phu, a environs un jour et demi de route, je me dois d’avoir un peu d’avance dans le cas ou je serais refuse. 15 minutes plus tard, nous repartons…

La route de montagne nous empeche de rouler bien vite sans compter que la pluie rend la route glissante. Chaque virage se prend avec la plus grande prudence. Comme dit mon frere, « La question a moto n’est pas si on va tomber mais, quand on va tomber ». La descente continue mais la poigne de David n’est toujours pas parfaitement operationnelle. Pour combler le tout, Ryan creve, ce qui nous doit un autre arret dans un garage. Heureusement, ce n’est pas ce qui manque sur la route mais c’est a nouveau du temps perdu sur ma contrainte de visa. Encore plus loin, a Lai Chau et apres 1h de bricolage, David ne peut toujours pas repartir et je me dois de continuer seul meme s’il est beaucoup plus agreable de rouler a plusieurs.












On m’avait parle de zones de travaux pour rejoindre Dien Bien Phu mais je ne m’attendais pas a autant. Les chemins de terre faconnes d’ornieres prennent frequemment le dessus sur la route bitumée alors que par chance le temps s’ameliore meme s’il reste couvert. J’evite au moins la pataugeoire boueuse. 

Le jour s’estampe lorsque je trouve a quelques dizaines de kilometres de Muong Lay un coin tranquille pour passer la nuit. Je suis toujours en region montagneuse, dans un virage, mais j’ai de quoi passer inapercu avec ma moto.












Le 20 Janvier, j’espere en reprenant la route, pouvoir passer la nuit prochaine au Laos. La route s’ameliore, me permettant d’augmenter ma moyenne de vitesse. C’est dommage mais la, je ne peux me permettre de faire du tourisme en m’arretant pour prendre des photos a tour de bras.

Alors que je me rapproche de la frontiere Laotienne, je constate que les fascies changent, surtout par la couleur de peau qui s’assombrie, mais toujours les gens se retournent a mon passage en me saluant chaleureusement.

Je passe Dien Bien Phu en apercevant le musee de la guerre que j’aurais bien aime visite, histoire de savoir d’avantage ce que mes ancetres ont pu faire ici. A midi, je suis a la frontiere, a nouveau dans les montagnes, et il ne me faut que 5 minutes pour etre recale. Il faut en effet etre immatricule dans la region de Dien Bien Phu et non Saigon comme je le suis. Info pratique : le premier nombre de la plaque doit etre 27.

La prochaine frontiere est a 300km plus au Sud, au niveau de Moc Chau et le garde frontiere semble me confirmer que je peux l’emprunter. Nous voila alors reparti ! Je dois passer la frontiere demain sous peine de payer un jour supplementaire a 10 ou 15$ (a confirmer) voir d’etre fiche et avoir plus de difficulte par la suite pour redemander un visa.

La route devient tout simplement delicieuse a present et je ne manque pas d’y faire ronronner la becane. Il manquerait presque une 5eme vitesse ! Ormis un gros col a passer, j’ai devant moi une belle route dont tout motard reveraient et dans un cadre splendide.


Contrairement a la region de Sapa ou l’ethnie Hmong Noir predomine, je croise dans cette region beaucoup de Hmongs Fleuris qui se distinguent d’avantage, comme leur nom l’indique, par des motifs floraux brodes sur leur costumes. La coiffe des femmes est aussi particuliere puisqu’elles enroulent leur treeees long cheveux comme un chignon mais sans avoir besoin de quoi que ce soit pour maintenir le tout.

Je passe la nuit peu avant Son La dans une sorte de grand abris bus ou la penombre semble me rendre invisible.













Au leve du jour de ce 21 janvier, je m’imagine avec hate, passer la nuit prochaine au Laos, mais 150km me separe encore de la frontiere au niveau de Moc Chau ou j’arrive en fin de matinee apres une vidange rapide. Mais apres un detour de 1h a nouveau dans les montagnes, ce n’est toujours pas bon ! Cette fois, il semble que cette frontiere ne soit tout bonnement pas internationale.

J’ai alors 5h pour rejoindre la frontiere de Nam Xoi (=Nam Meo), soit 250 ou 300km sachant que la majeure partie s’avere etre de la petite route. En redescendant a Moc Chau, mon pneu avant creve mais par chance j’arrive dans un garage juste avant de rouler sur la jante, ouf ! Malheureusement je me rends compte un peu tard que mon compteur ne fonctionne desormais plus, du a un mauvais remontage de la roue, mais je dois continuer de rouler.  C’est juste dommage pour comptabiliser les kilometres et estimer mon avancee.

Je roule, je roule mais je fini par ralentir la cadence en me rendant compte de la difficulte de l’objectif. Ma vie vaut quand meme un peu plus que 10 ou 15$...

Au niveau de Mai Chau, la route agreable passe en route de campagne bien plus terreuse. Dans un hameau, un camion citerne me balance un nuage de poussieres insoutenable. Je tente de le doubler mais un profond nid de poule me fait faire un bon. 50m plus loin je me rends compte avoir perdu mon matelat en mousse, mes sandales, mes vetements de pluie et une bouteille d’essence ; le tout fixe avec une sangle elastique par-dessus mon gros sac. Je fais alors demi tour mais tout a disparu. Je verifie enerve les fosses de part et d’autre de la route ainsi que les talus, mais rien.  Les riverains m’expliquent ne rien avoir vu mais je doute pour le coup de leur honnete. Je suis alors surtout embete pour mes sandales qui etaient un bon mais honnereux investissement. Tant pis, je dois reprendre la route, neanmoins de mauvaise humeur.

2h plus tard, je dois commencer a penser a mon campement que j’elabore finalement a flanc de montagne le long d’un chemin a l’ecart de la route. Mon hamac et un bon feu de camp me permettent de relativiser sur les evenements. Ca aurait pu etre plus grave, avec une chute par exemple.













Le 22 janvier, j’arrive finalement a la frontiere apres 80km et 4h30 de route eprouvante par son etat a partir de Ba Thuoc. Je suis alors embete de passer avec un jour de retard et un agent Vietnamien me le fait remarquer par un « Not good !» gentillet. Pourtant aucuns frais supplementaires ne m’est demande. Je quitte alors le Vietnam sans verification de mes bagages mais simplement une surtaxe de 20$ pour la moto, auquel je m’attendais. Du cote Laotien, je suis recu avec un grand sourire et j’obtiens directement mon visa pour 40$. Notons qu’il est payable en Dong (Vietnam), Kip (Laos) ou US Dollar. J’en profite aussi pour echanger un peu de mes Dongs en Kips et Dollars.

Ca y est, je suis au Laos. Une fois de plus, de nouvelles terres et une nouvelle culture s’ouvrent a moi alors que je ne peux desormais plus rien lire du fait de l’ecriture Laotienne.

Il n’est alors plus question de rouler pour rattraper un delais, je suis a nouveau libre de tout. Je fais simplement quelques courses dans une baraque et trouve pas plus de 5km plus loin un coin tranquile le long d’une riviere ou j’installe un campement sur une portion de sable me faisant grandement pense a celui pres du Lac Baikal en Russie. Les temperatures ont alors largement augmentee depuis Sapa et j’installe mon bivouac douillet par un soleil radieux avant d’accueillir la soiree et le diner autour du feu des plus sereinement.